Résumé : Cet article examine comment La Florida del Inca (1605) de l'Inca Garcilaso de la Vega construit un système de connaissance environnementale coloniale à travers le déploiement régulier de trois termes espagnols : natural, naturales et naturaleza. En m'appuyant sur des études d'infrastructure et les humanités environnementales, j'analyse ces termes non pas comme des ornements rhétoriques mais comme des composants d'une "infrastructure épistémique coloniale" — des dispositifs lexicaux porteurs qui facilitent la lisibilité administrative, la gouvernance et la classification. Grâce à une analyse quantitative de leur fréquence (122, 47 et 8 occurrences respectivement) et à un examen qualitatif de leur fonction, je révèle comment cette infrastructure lexicale permet simultanément la communication interculturelle tout en exposant ses limites lorsqu'elle est confrontée aux épistémologies environnementales autochtones. Les fractures récurrentes dans ce système — des moments où ces termes échouent à contenir la mobilité autochtone, la connaissance environnementale ou la complexité ontologique — ne sont pas des anomalies incidentelles mais des ruptures diagnostiques révélant des tensions fondamentales entre les cadres anthropocentriques espagnols et les compréhensions écologiques alternatives. La positionalité mestizo de Garcilaso offre une forme médiatique unique : travaillant dans le discours impérial tout en révélant stratégiquement ses insuffisances conceptuelles. En déplaçant l'accent analytique de la représentation à l'infrastructure — de ce que signifient les textes coloniaux à la manière dont leur langage opère — cette étude propose une réorientation méthodologique pour les études coloniales et les humanités environnementales, révélant comment le langage à la fois permet et contraint la conceptualisation environnementale à travers les frontières culturelles.
Song No (Sun,) a étudié cette question.