Résumé Cette contribution reconstruit l'épuisement positivement vécu dans le sport comme un sentiment de soi : une manière pré-réflexive par laquelle le sujet se donne comme un être constitué corporellement. Pour saisir conceptuellement cette constellation paradoxale de plaisir-dans-le-désagrément, je rends systématiquement fécond le concept de sentiment de vie de Kant. J'argumente qu'à travers l'épuisement, une modulation spécifique du pouvoir – du Je-peux au Je-ne-peux-plus – devient perceptible, dans laquelle l'horizon corporellement fondé de possibilité et d'impossibilité émerge. Ainsi, l'épuisement sportif est lisible au sens formel comme une expérience esthétiquement structurée, qui développe une relation particulière à soi dans l'accomplissement, et se définit en contraste avec le flow comme un seuil entre la chute de performance et la stabilisation réussie.
Thomas Zingelmann (Mer,) a étudié cette question.