Key points are not available for this paper at this time.
L'affaiblissement de la domination mondiale de l'Occident et la réticence croissante de la part des États-Unis à défendre l'ordre libéral ont accru l'importance de la politique internationale à niveau régional. Au cours de la dernière décennie, la Chine et la Russie se sont démarquées parmi les puissances émergentes essayant de réorganiser leurs quartiers. Une partie significative des études en relations internationales considère cette volonté de prédominance régionale comme une conséquence naturelle et inévitable de la montée du pouvoir matériel. En analysant les initiatives régionales phares de la Chine et de la Russie, la Nouvelle Route de la Soie et l'Union Économique Eurasienne, cet article offre une explication plus nuancée des puissances émergentes et de leur rôle dans l'ordre international contemporain. L'article soutient que la Chine et la Russie ont des visions différentes du régionalisme et des points de vue distincts sur la manière dont un ordre régional devrait être organisé. La Chine définit le régionalisme en termes fonctionnels plutôt que territoriaux et voit son projet comme inclusif. L'élite dirigeante chinoise considère la Nouvelle Route de la Soie comme un moyen de renforcer les liens de la Chine avec le monde extérieur et d'accroître les bénéfices qu'elle tire de la mondialisation. La Russie, pour sa part, interprète le régionalisme en termes spatiaux et historiques, le voyant principalement comme un moyen de réorganiser l'espace post-soviétique. L'élite russe considère l'Union Économique Eurasienne comme une mesure protectionniste contre la mondialisation et une barrière contre l'influence d'autres acteurs. La Chine définit les principes sur lesquels la coopération est basée en termes vagues et souligne la flexibilité et l'ouverture de son projet. La Russie opte pour des normes universelles et juridiquement contraignantes, ce qui renforce la nature défensive de son projet régional.
Marcin Kaczmarski (Samedi) a étudié cette question.