Réagissant à l'invasion et à l'annexion du Koweït par l'Irak, deux États européens, le Royaume-Uni et la France, ont contribué avec de larges forces et ont participé à des opérations terrestres, aériennes et maritimes. Les contributions de ces États variaient considérablement en termes de composition et de rôle. Le Royaume-Uni a déployé autant de forces (45 000 personnel) que le pays pouvait gérer, tandis que la France a envoyé une force significative (15 000) qui ne correspondait pas à son potentiel. Une fois en Arabie, les Britanniques ont joué un rôle majeur dans la planification de la coalition, tandis que les Français sont restés opérationnellement à l'écart. Enfin, en ce qui concerne le lancement des opérations offensives, les forces britanniques étaient centrales pour les entreprises les plus risquées de la coalition, telles que des raids des forces spéciales et la préparation d'une fausse invasion amphibie, tandis que les forces françaises jouaient un rôle crédible, mais moins dangereux. Cet article teste la capacité du réalisme et de l'institutionnalisme historique à expliquer ces différentes réponses à la crise du Golfe de 1990–91. Bien que le réalisme semble a priori posséder un haut degré de pouvoir explicatif, une analyse détaillée de la traçabilité des processus révèle que l'institutionnalisme historique peut mieux rendre compte des différents résultats observés.
Marc R. DeVore (Sun,) a étudié cette question.