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CONTEXTE : Le sommeil non réparateur (SNR) a été peu étudié dans la population générale, bien que ce symptôme joue un rôle important dans plusieurs conditions médicales telles que les maladies cardiaques, la fibromyalgie et le syndrome de fatigue chronique, ainsi que dans divers troubles du sommeil. MÉTHODES : Un total de 25 580 individus (tranche d'âge, 15-100 ans) issus de la population générale non institutionnalisée représentative de 7 pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Portugal, Espagne et Finlande) ont été interrogés par téléphone en utilisant le système Sleep-EVAL. Le sommeil non réparateur a été analysé en relation avec les déterminants sociodémographiques, les facteurs environnementaux, les habitudes de vie, la santé, le rythme veille-sommeil et les facteurs psychologiques. RÉSULTATS : La prévalence du SNR était de 10,8 % (intervalle de confiance à 95 %, 10,4 % - 11,2 %) dans l'échantillon, plus élevée chez les femmes que chez les hommes (12,5 % contre 9,0 % ; P<.001) et diminuait avec l'âge. Le Royaume-Uni (16,1 %) et l'Allemagne (15,5 %) avaient la prévalence la plus élevée de SNR et l'Espagne (2,4 %), la plus basse. Dans des analyses multivariées, plusieurs facteurs étaient positivement associés au SNR. Les plus importants étaient un âge plus jeune, une insatisfaction à l'égard du sommeil, des difficultés à se lever le matin, une vie stressante, la présence d'anxiété, un trouble bipolaire ou dépressif, et le fait d'avoir une maladie physique. Comparés aux sujets ayant des difficultés à initier ou à maintenir le sommeil (sans SNR), les sujets avec SNR ont signalé plus fréquemment une variété de déficits diurnes (irritabilité, fatigue physique et mentale) et ont consulté un médecin deux fois plus fréquemment pour leurs difficultés de sommeil que d'autres sujets souffrant d'insomnie. CONCLUSIONS : Le sommeil non réparateur est un symptôme fréquent dans la population générale, mais sa prévalence varie largement entre les pays. Il est souvent associé à des troubles mentaux et à des caractéristiques de privation de sommeil (comme un temps de sommeil supplémentaire le week-end). Le sommeil non réparateur touchait plus fréquemment les classes actives de la population et causait de plus grands déficits diurnes que les difficultés à initier ou à maintenir le sommeil.
Maurice M. Ohayon (Mon,) a étudié cette question.