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Nous présentons un cadre théorique concernant l'évolution de la communication écrite. Nous analysons l'écriture comme un type spécial de code graphique. Comme les langues, les codes graphiques consistent en des correspondances stables et conventionnelles entre des symboles et des significations, mais (contrairement aux langues parlées ou signées) leurs symboles sont constitués d'images durables. Cela leur confère la capacité unique de transmettre des informations d'un seul coup à travers le temps et l'espace. Pourtant, cette capacité reste généralement peu exploitée, car la plupart des codes graphiques manquent d'informativité. Ils peuvent seulement être utilisés à des fins mnémotechniques ou comme accessoires pour la communication orale lors de rencontres en temps réel. Les systèmes d'écriture, contrairement à d'autres codes graphiques, fonctionnent en encodant une langue naturelle. Cela leur permet de soutenir la communication asynchrone de manière plus puissante et polyvalente que tout autre code graphique. Cependant, les systèmes d'écriture ne déverrouillent pas automatiquement la capacité de communiquer de manière asynchrone. Nous soutenons que cette capacité est une rareté dans les sociétés non lettrées, et pas si fréquente même dans celles qui le sont. La communication asynchrone est intrinsèquement inefficace car l'asynchronicité contraint la quantité d'informations que les interlocuteurs partagent et limite les possibilités de réparation. Cela expliquerait pourquoi la communication synchrone, en face à face, favorise toujours le développement de codes sophistiqués (langues naturelles), mais des codes similaires pour la communication asynchrone évoluent avec plus de difficultés. Cela implique également que l'écriture ne peut pas avoir évolué, au départ, pour soutenir la communication asynchrone.
Morin et al. (Mercredi) ont étudié cette question.