Key points are not available for this paper at this time.
L'objectif de cet article est de conceptualiser la polarisation affective au-delà de la politique partisane pour analyser les façons dont la participation politique affective des femmes est soumise à une discipline toxique. Alors qu'une grande attention a été accordée à la politique affective en tant que mécanisme de gouvernance, peu d'attention a été portée à la polarisation affective après les manifestations féministes. Dans cet article, nous faisons le lien entre deux corpus de littérature — la politique affective et la polarisation politique — en proposant la notion de polarisation affective. Nous avons concentré notre étude sur le cas d'une série de mobilisations féministes qui ont eu lieu pour lutter contre l'impunité de la violence policière au Mexique. Nous avons mené une approche méthodologique mixte qui combine, d'une part, une analyse quantitative des tweets de la série de données comprenant #EllasNoMeRepresentan (EllesNeMeReprésententPas) (N = 17 698) et #EllasSiMeRepresentan (EllesMeReprésentent) (N = 6 700) et, d'autre part, une analyse qualitative de 500 tweets de chaque hashtag. Les résultats de l'étude ont révélé l'existence d'une polarisation qui vise à discipliner la participation politique affective des femmes. Près de la moitié de nos données contiennent des sentiments négatifs. Les tweets toxiques incluent des menaces correctives, telles que l'incitation à la violence sexuelle, le meurtre, la haine contre le féminisme, et des discours condescendants sur la manière dont les femmes devraient protester. Nous concluons donc que, bien qu'il soit vrai que les médias sociaux ont amplifié la mobilisation féministe, cela a également conduit à une augmentation de la violence numérique. Avec ces résultats, l'article contribue à une meilleure compréhension de la politique affective féministe et de ses mécanismes de gouvernance disciplinaires dans un média social patriarcal.
Suárez et al. (ven,) ont étudié cette question.