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Cet article analyse les causes et les conséquences de l'islamophobie dans la Fédération de Russie à la suite de l'interdiction russe des œuvres d'un savant de l'islam de Turquie, Bediuzzaman Said Nursi (1878–1960), malgré l'accueil globalement positif de ses idées et de ses partisans par les musulmans de Russie. Il situe les préjugés anti-musulmans existants en Russie, qui ont évolué dans le contexte du conflit tchétchène et de l'afflux de travailleurs migrants provenant d'anciens républiques soviétiques culturellement musulmanes vers les villes russes cosmopolites, sur fond du narratif de peur mondial sur les musulmans qui a suivi le 11 septembre. Ces attitudes islamophobes ont en retour éclairé et justifié les politiques anti-musulmanes en Russie, alors que l'État russe, suivant des tendances plus larges de centralisation et d'illibéralisme dans le pays, a abandonné les politiques pluralistes envers la religion des premières années post-soviétiques et est revenu au modèle de régulation et de containment de la fin de l'ère soviétique au cours des deux dernières décennies.
Mustafa Tuna (Mer,) a étudié cette question.