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Le standard de civilisation est le plus souvent identifié comme l’infâme doctrine juridique qui a légitimé le régime impérialiste et l'exclusion des États non européens et non chrétiens de la société internationale. Dans les récits disciplinaires des Relations Internationales et du Droit International, ce projet colonial est généralement présenté comme un simple interlude sur le chemin vers une société internationale mature et inclusive, avec l'égalité souveraine comme principe d'organisation. En ligne avec une historiographie plus critique, qui montre comment le colonialisme est la condition de possibilité tant de la souveraineté que du droit international, cet article examine comment un standard de civilisation est inhérent aux pratiques politiques et juridiques de l'ordre international. De plus, bien que généralement présenté comme une pratique d'exclusion, cet article analysera la dynamique plus complexe d'inclusion et d'exclusion comme base de l'ordre international en abordant la politique juridique de la soumission (comme objets et sujets du régime mondial imaginé). Plus précisément, il traitera de la manière dont le droit opère comme une technologie à travers l'interaction entre un standard de civilisation, le principe d'égalité et la subjectivité juridique. L'article examinera les pratiques juridiques de différentes périodes historiques (à l'époque des découvertes, lors de l'expansion coloniale et dans la société internationale moderne) pour analyser le fonctionnement et les transformations de ces technologies juridiques. Ensemble, cela montrera comment un standard de civilisation (implicite) est ancré dans le fonctionnement du droit comme une technologie de l'ordre international. Cela ne s'arrête pas avec l'universalisation de l'égalité souveraine comme principe d'organisation d'une société internationale inclusive ou 'globale'. Cet article soutiendra que cela révèle le pouvoir productif du droit qui fonctionne non seulement comme une règle juridique pour réguler les relations entre des sujets souverains indépendants et égaux, mais opère également comme la norme pour produire des souverains appropriés en tant que membres de la société internationale.
Tanja Aalberts (Sun,) a étudié cette question.