L'article analyse les conséquences sociales de la crise de subsistance et de la pénurie d'eau en 1817, l'une des années les plus sévères de la mégasécheresse (1812–1824) qui a touché le nord-est de l'Espagne. S'appuyant sur des archives municipales de Barcelone, Tarragona et Gérone, sur la documentation ecclésiastique et la correspondance commerciale d'une entreprise de négoce de grains, il examine comment le stress hydrologique a perturbé l'approvisionnement alimentaire, intensifié les conflits d'accès à l'eau et façonné les relations entre les communautés rurales et les autorités urbaines. L'échec des récoltes a contribué à la hausse des prix des grains et à l'augmentation de la migration dans un contexte d'après-guerre marqué par la fragilité institutionnelle. En réponse, les autorités et les institutions locales ont promu des initiatives caritatives, des travaux publics et des mesures réglementaires pour sécuriser l'approvisionnement en eau et en grains. Des preuves issues de l'Urgell, une région agricole de Catalogne, illustrent l'ampleur des pertes agricoles et des déplacements de paysans. L'étude conceptualise la sécheresse comme une crise socialement intégrée façonnée par un stress environnemental prolongé, des contraintes de gouvernance et un accès inégal aux ressources.
Carlos Moruno Moyano (Fri,) a étudié cette question.