Malgré la croissance des recherches sur le populisme, la fonction des théories du complot dans le discours populiste de droite reste peu explorée. Cet article comble cette lacune en analysant la réforme judiciaire de 2023 en Israël comme un moment de mobilisation populiste ancré dans un discours conspirationniste. Je soutiens que les récits de conspiration doivent être compris comme des outils affectifs utilisés par des acteurs populistes pour susciter des peurs publiques qui légitiment les agendas politiques populistes. Empiriquement, l'article s'appuie sur des interviews semi-dirigées avec des figures de droite israéliennes ainsi qu'une analyse d'articles de journaux en ligne et de publications sur les réseaux sociaux. Il démontre comment les acteurs populistes de droite déploient des récits de conspiration pour construire des peurs publiques qui justifient la réforme judiciaire. Il montre comment ces acteurs dépeignent le pouvoir judiciaire comme un « État profond » déterminé à saper Israël, à renverser la volonté de la majorité (juive) et à saboter la réforme. En aiguillant émotionnellement la distinction populiste entre « le peuple » et « l'élite », ils cadrent la réforme comme une défense nécessaire contre une menace existentielle. La contribution théorique de l'article réside dans la théorisation du rôle affectif des récits de conspiration dans le populisme de droite et dans l'avancement d'une compréhension plus large de la relation entre le discours conspirationniste, l'affect et la formulation des politiques populistes.
Johannes Sauerland (Jeu,) a étudié cette question.