Partant de l'intuition commune que le travail de Bruno Latour présente de nombreuses affinités avec la philosophie des processus, cet article tente de fournir des réponses à la réception erratique dans cette direction. À travers un récit historiographique de l'ensemble des œuvres produites par Latour, l'hypothèse avancée est que tous les travaux précédents à Une enquête sur les modes d'existence (AIME), tout en se revendiquant orientés vers le processus, n'ont pas été largement reçus comme tels en raison des problèmes inhérents au principe irréductionniste qui en est au cœur. La métaphysique empirique proposée dans AIME a finalement résolu ces problèmes, libérant ainsi la dimension processuelle. Les sections finales soutiendront que « le monde est articulé » est la proposition centrale du processus de métaphysique empirique de Latour, et que sa contribution la plus importante à la philosophie peut être résumée par l'idée que « tout ce qui dure, dure à travers ce qui ne dure pas ». Accessoirement, c'est une manière précise de décrire la notion de sociétés d'A. N. Whitehead, ce qui nécessitera donc – étant donné l'événement majeur que le travail de cet auteur a constitué pour Latour – d'examiner d'abord cet aspect souvent négligé de la philosophie spéculative de Whitehead. L'article se termine par une note sur la relation entre la métaphysique tardive de Latour et son engagement dans les questions écologiques.
Buenaventura Marco (Mon,) a étudié cette question.
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