Cet article examine les liuli qinglou (琉璃青樓, pavillons émaillés bleu-vert) de la Chine médiévale comme des manifestations architecturales de l'idéal de paradis bijou trans-eurasien. En retraçant les évolutions depuis les dynasties du Nord et du Sud (420–589 ap. J.-C.) jusqu'à la dynastie Tang (618–907 ap. J.-C.), il esquisse une trajectoire évolutive dans la représentation de l'espace sacré : depuis l'utilisation de véritables pierres précieuses dans les traditions d'Asie de l'Ouest, à travers leur imitation dans le verre et la céramique émaillée, avec des applications avant la période Tang demeurant sélectives et élitistes, jusqu'à l'abstraction ultime en palettes symboliques bleu-vert dans les fresques des grottes de Kucha et Dunhuang, où les choix chromatiques peuvent parfois refléter des conventions picturales. En intégrant des preuves textuelles, archéologiques et visuelles, l'étude montre comment les souverains chinois ont approprié les technologies de glaçage importées, ainsi que les finitions bleu-vert peintes ou revêtues qui simulaient les effets du liuli, non seulement pour l'ornementation mais pour incarner matériellement la cosmologie bouddhiste et légitimer l'autorité impériale en créant une terre de Bouddha terrestre. L'utilisation omniprésente du qing (青, bleu-vert) dans l'art religieux reflète ainsi une profonde traduction sensorielle-théologique, illustrant comment les flux eurasiennes de matériaux, techniques et idées ont été adaptés pour façonner des visions localisées du paradis à travers des processus innovants de transformation matérielle et visuelle.
Zheng et al. (Tue,) ont étudié cette question.
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