Le locus H19/IGF2 est soumis à l’empreinte génomique. A partir de l’allèle maternel, deux ARN non codants sont exprimés : H19 et 91H. L’ARN H19 est le précurseur de microARN (miR-675) dont aucune cible n’a été décrite dans la glande mammaire. Nous avons donc recherché et validé plusieurs cibles de ses microARN permettant d’expliquer les propriétés oncogéniques d’H19. En effet, le miR-675 régule l’expression des gènes c-Cbl, Cbl-b et FADD dans les cellules cancéreuses mammaires. Ces nouvelles régulations permettent l’augmentation de la prolifération cellulaire, la migration/invasion mais aussi la résistance aux apoptogènes. Dans cette étude, de manière inattendue et surprenante, nous avons également découvert un nouveau mécanisme de recrutement des microARN. Nous montrons que les protéines associées aux ARNm peuvent favoriser le recrutement du complexe RISC, mais surtout moduler l’action de celui-ci. De plus, dans certains cancers, l’ARN H19 peut s’associer aux protéines, notamment la protéine P53 dans les cancers gastriques, pour moduler leur fonction. Dans le cancer du sein, cette interaction empêche l’action de P53 et favorise sa dégradation. Cette nouvelle régulation de P53 peut être responsable de certaines résistances tumorales. Par ailleurs, l’implication d’H19 dans la formation et le maintien des cellules souches a été mise en évidence. Cette nouvelle fonction peut permettre à l’ARN H19 de promouvoir l’initiation ou la récidive tumorale. Les fonctions du long ARN non codant 91H dans les cellules cancéreuses mammaires ont également été étudiées. Cet ARN possède des propriétés oncogéniques et permet l’expression des gènes H19 et IGF2 en modulant la conformation de la chromatine au locus. Pour conclure, j’ai identifié plusieurs modes d’action de l’ARN H19 lui permettant de promouvoir l’apparition de la tumeur, sa progression et sa résistance aux thérapies. J’ai également défini le rôle de l’ARN 91H dans la tumorigenèse et au locus H19/IGF2.
Constance Vennin (Fri,) studied this question.