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Dans le contexte du mouvement pour l’émancipation des femmes au tournant du xxe siècle et de la campagne en faveur du vote, l’Actresses’ Franchise League a écrit et mis en scène un corpus de pièces connu sous le nom de « théâtre suffragiste ». À partir d’une sélection de ces œuvres, cet article envisage le rapport entre les suffragettes et l’humour. Il vise à montrer comment, après avoir été objet de ridicule dans la presse populaire, les dramaturges suffragistes ont retourné la situation en leur faveur. Reflet de la camaraderie et l’état d’esprit facétieux qui animait le mouvement, le rire acquiert une dimension politique sur scène. Dans le cadre très ritualisé du genre comique, les dramaturges suffragistes utilisent l’auto-dérision pour susciter l’empathie et s’emploient aussi à ridiculiser leurs détracteurs. La caricature, la satire et la farce sont les stratégies employées pour battre en brèche le discours anti-suffragiste, dénoncé comme hypocrite et incohérent. Alors que les anti-suffragistes reprochaient aux féministes de manquer d’humour, les comédies mettent en scène des militantes pleines d’entrain et d’énergie, qui utilisent des stratégies délibérément humoristiques. Les dramaturges renversent ainsi les stéréotypes et remettent en question des relations de pouvoir où les hommes détiennent le monopole de l’humour. L’intérêt suscité par ces pièces non seulement dans la presse suffragiste mais aussi dans la presse nationale montre que la forme comique a permis aux dramaturges, sans tomber dans un discours trop hostile, de présenter l’émancipation féminine comme logique et inévitable.
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Eleanor Stewart (2022) studied this question.
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