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L’article propose une analyse comparée de l’émergence de l’ethnicité et de sa reconnaissance dans la construction des catégories statistiques aux Pays-Bas et en Belgique. Il interroge les conditions d’apparition de la catégorie statistique « allochtones » aux Pays-Bas. Cette dernière devait permettre de distinguer l’origine ethnique des nationaux, en identifiant les anciens colonisés devenus néerlandais. Poursuivant au départ une objectif descriptif, cette catégorie a supplanté celle de « minorités ethniques » figurant dans les discours et politiques publiques. L’analyse soutient que la classification autochtones-allochtones est devenue indispensable d’une part, parce qu’elle procédait simultanément de la description et de la prescription et d’autre part, parce qu’elle disposait d’une plus haute formalisation statistique. La catégorie « allochtones » a été importée en Belgique où elle a subi quelques transformations. La Flandre utilise cette catégorie pour désigner l’altérité ethnique mais elle ne dispose pas des moyens de son opérationnalisation statistique en raison de l’opposition des Francophones à la reconnaissance effective des minorités ethniques et à leur dénombrement statistique. En Belgique, l’usage de cette catégorie est l’objet de luttes dans lesquelles s’opposent des conceptions différenciées de la nation des deux communautés linguistiques (ethnos vs demos).
Jacobs et al. (Wed,) studied this question.