CONTEXTE : Le retard dans le recours aux soins médicaux a des conséquences néfastes sur le plan sanitaire et économique ; les interventions se sont concentrées sur l'évaluation des symptômes, avec un succès limité dans la réduction des délais. OBJECTIF : Identifier les facteurs prédictifs du renoncement aux soins et les motifs d'évitement des soins. MÉTHODES : À partir de la Health Information National Trends Survey (2007), nous avons réalisé des régressions logistiques afin d'identifier les facteurs prédictifs du renoncement aux consultations médicales jugées nécessaires par les répondants ; puis, nous avons mené des analyses similaires sur les motifs invoqués pour ce comportement d'évitement. Les variables indépendantes comprenaient des caractéristiques géographiques, démographiques, socio-économiques, d'état de santé personnel, de comportements de santé, liées au système de soins de santé et cognitives. RÉSULTATS : Environ un tiers des adultes ont renoncé à des consultations médicales qu'ils avaient jugées nécessaires. Bien que des associations non ajustées existaient, le renoncement aux soins nécessaires n'était pas associé de manière indépendante aux caractéristiques géographiques, démographiques et socio-économiques. Le comportement d'évitement se caractérise par un faible sentiment d'auto-efficacité en matière de santé, une moindre expérience à la fois de soins de qualité et d'obtention d'aide face aux incertitudes sur la santé, le fait que ses sentiments soient pris en compte par son professionnel de santé, l'absence de source habituelle de soins, un affect négatif, le tabagisme quotidien et une attitude fataliste envers le cancer. Les motifs invoqués pour l'évitement incluent la préférence pour l'automédication/l'auto-prise en charge ou les médecines alternatives, le dégoût ou la méfiance envers les médecins, la peur ou le rejet des traitements médicaux, le temps et l'argent ; les répondants ont également fait part d'une gêne lors des examens corporels, de la peur d'avoir une maladie grave et de pensées liées à la mort. Des prédicteurs distincts caractérisent chacun de ces motifs. CONCLUSIONS : Les interventions visant à réduire le délai de recours aux soins par les patients pourraient être améliorées en ciblant les traits comportementaux, convictionnels, expérientiels et émotionnels liés à la santé et associés à ce retard. Une attention particulière devrait également être portée aux communications interpersonnelles entre patients et professionnels de santé.
Kannan et al. (Thu,) ont étudié cette question.