Cet article examine les tensions structurant les dynamiques de genre au sein de l’industrie de la prestation de services logistiques (IPSL) et étudie les stratégies d’inclusion adoptées par les femmes à travers la théorie de l’identité sociale (TIS). Malgré une représentation féminine croissante, les femmes restent sous-représentées dans les postes de direction, en raison de normes masculines hégémoniques et de barrières organisationnelles persistantes. L’étude conceptualise les femmes comme un groupe minoritaire dans un environnement dominé par les hommes et analyse leurs stratégies de gestion identitaire allant de la mobilité individuelle à la créativité sociale, contraintes par la légitimité et la stabilité des frontières intergroupes. Inscrite dans un cadre intégrant études de genre, la recherche montre que les normes dominantes reproduisent la marginalisation des femmes dans les contextes logistiques. Les résultats indiquent que les femmes internalisent ces normes et négocient leurs identités positionnelles par des stratégies d’adaptation et de contournement. Sur le plan méthodologique, l’étude repose sur une enquête qualitative auprès de 35 femmes cadres intermédiaires, combinant IRaMuTeQ et codage inductif selon Gioia. Cette approche permet d’identifier des schémas discursifs et de construire des catégories relatives aux dynamiques organisationnelles genrées dans la prestation de services logistiques. Les résultats révèlent deux stratégies principales : (1) la mobilité individuelle via mentorat et sponsoring, générant des tensions identitaires ; et (2) la créativité sociale via arbitrage familial, facilitant la conciliation travail–famille sans transformation collective de l’ordre organisationnel genré. Ces stratégies individuelles contribuent paradoxalement au maintien du statu quo.
Fattam et al. (Thu,) studied this question.