Le Tofrānil est un des médicaments essayés simultanément sur les malades mentaux d'un hôpital, et sur des patients en traitement ambulatoire, par la même équipe de psychiatres, en vue de déterminer sur une large échelle de cas son efficacité en tant que moyen antidépressif. Trente-neuf sujets ont été étudiés, soit 19 cas hospitalisés et 20 ambulatoires. Mis à part 5 de ces derniers, le choix a été basé sur l'existence d'une dépression comme symptôme prédominant, sans égard au diagnostic. Les critères d'évaluation et de sélection des patients sont décrits en détail dans le texte. Treize hommes et 26 femmes, entre 17 et 66 ans, ont reçu de 75 à 375 mg de Tofrānil par jour, durant des périodes allant de 1 à 20 semaines. Des manifestations secondaires sont apparues chez 8 cas d'hôpital sur 19, et 15 cas ambulatoires sur 20. L'épreuve a dû être interrompue au bout d'une semaine chez 3 cas ambulatoires, par suite d'une augmentation de l'anxiété et de l'agitation motrice. Il en a été de même au bout de 12 jours chez un malade hospitalisé, une rétention urinaire s'étant déclarée. Une acathisie est apparue chez un patient ambulatoire. Six fois l'état anxieux s'est aggravé, 4 sujets ont présenté des nausées, 3 autres des vomissements, 2 se sont plaints de malaises, siège épigastrique, de sudations pathologiques et de constipation. Les autres effets secondaires notés sont l'hypotension de posture, une éruption érythémateuse touchant le visage et les épaules, de l'oedème de la face et des paupières, une vision floue, des bourdonnements d'oreilles, et de l'oedème malléolaire. Chez quatre patients la phosphatase alcaline a passé d'une “valeur à la limite de la normale” à une “valeur extrême”: chaque fois l'interruption de la médication l'a ramenée à sa valeur normale. La plupart des manifestations secondaires sont apparues pour des doses de moins de 200 mg par jour. D'une manière générale, les patients du dehors recevaient des doses plus faibles que les malades hospitalisés, mais les effets secondaires se sont manifestés chez eux avec une fréquence presque égale. Pour apprécier l'amélioration, les auteurs se sont basés sur l'apaisement de la dépression et l'adoption de réactions mieux adaptées. Sur 19 cas d'hôpital, il y a eu 2 bonnes améliorations, 8 améliorations modérées, 2 améliorations légères et 6 insuccès. Quinze cas ambulatoires présentant des signes de dépression ont donné 4 succès marqués, 3 modérés, 1 amélioration faible et 7 échecs. Plusieurs de ces patients avaient été traités auparavant déjà, et sans résultat, par d'autres médicaments ou par la thérapie électroconvulsive. Deux malades présentant des manifestations somatiques, et un autre dont la dépression était secondaire à une grave obsession, ont été améliorés contre toute attente. Un certain nombre de sujets améliorés étaient malades depuis plusieurs années. Bien que notre expérience du Tofrānil soit limitée, et que l'étude d'un nombre de cas beaucoup plus élevé soit nécessaire avant qu'il soit possible d'en apprécier exactement la valeur, les auteurs se montrent optimistes, quant à son avenir en tant qu'agent antidépressif.
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Malitz et al. (1959) studied this question.
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