Cet article s’intéresse aux communautés indiennes rapatriées de Birmanie entre les années 1960 et 1980. À partir de terrains de recherche récemment effectués en Inde, il examine l’environnement sociopolitique créé par ces populations indo-birmanes dans les espaces urbains (appelés Burma Colonies), spécialement aménagées par les autorités indiennes, en particulier à Madras, Calcutta et New Delhi. Les interviews ont révélé que ces populations ont su se mobiliser autour d’enjeux urbains les concernant directement dans ces lieux qu’ils ont ainsi cherché à se réapproprier : droit au logement, accès à la propriété, assainissement des espaces d’habitations, et formation de syndicats et associations défendant leurs intérêts économiques émergents autour de marchés illégaux (Burma Bazaars). Par ce processus mobilisateur que cette étude décrypte, ces rapatriés indo-birmans ont ainsi affiché leur volonté d’appartenance à la communauté urbaine locale, mais aussi par extension, à retrouver une citoyenneté indienne qu’ils avaient perdue après plusieurs générations passées en Birmanie. Cependant, redevenue citoyenne, la seconde génération de rapatriés s’est fortement démobilisée et ces espaces urbains ont rapidement perdu leur fonction intégratrice pour se fondre dans le paysage indien.
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Renaud Egreteau (2013) studied this question.
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