Résumé Cet article examine Frissons d’A. de Lorde comme une expression de ce que l’on peut appeler une « horreur du réel », où l’effroi ne procède plus principalement de l’irruption du surnaturel mais de la rencontre entre fragilité psychique, déterminismes sociaux et violence institutionnelle. L’analyse s’appuie sur une lecture psychanalytique des troubles perceptifs et des formes pathologiques de la subjectivité, tout en mobilisant la théorie du fantastique ainsi qu’une réflexion, inspirée de M. Foucault, sur les formes du pouvoir, afin de situer l’œuvre lordienne dans l’évolution des représentations de la peur au tournant des XIX e et XX e siècles. Trois niveaux d’analyse sont distingués : le registre psychologique, où l’intériorité perturbée transforme le réel en source d’angoisse ; le registre social, où la misère et les déterminismes collectifs façonnent les trajectoires individuelles ; enfin le registre institutionnel, où les dispositifs de contrôle et les formes de pouvoir contribuent à la production de la violence. L’étude montre que ces trois dimensions demeurent étroitement liées et participent à une redéfinition du fantastique, désormais enraciné dans le quotidien, les fragilités de la psyché et les structures sociales et institutionnelles. L’horreur apparaît ainsi moins comme une rupture avec le réel que comme la révélation de ses failles, de ses tensions et de dérèglements.
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Katarzyna Gadomska (2026) studied this question.
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