Depuis plusieurs années, les désignations « bien-pensants » et « bien-pensance » connaissent un regain de circulation dans les médias français, notamment dans les controverses liées au wokisme. Initialement porteur d’une valeur positive, le terme a subi un retournement axiologique et fonctionne désormais, dans certains discours médiatiques conservateurs ou réactionnaires, comme un stigmate polémique. Employé en hétéro-désignation, il assigne à l’adversaire une posture morale jugée dogmatique ou hypocrite, tout en permettant au locuteur de se construire un ethos dissident et lucide face à une pensée présentée comme dominante. Adossée à une analyse du discours énonciativiste, cette étude examine comment le lexique de la « bien-pensance » devient un outil de disqualification idéologique dans des éditoriaux et tribunes. L’analyse combine une approche sémantique et une approche pragma-énonciative attentive à la modalisation, aux phénomènes de dialogisme et à la construction des frontières symboliques entre nous et eux. L’hypothèse centrale est que bien-pensants agit comme un opérateur d’antidoxa produisant trois effets majeurs : disqualification morale de l’adversaire, auto-légitimation dissidente et polarisation du débat public. Ces formules apparaissent ainsi comme des marqueurs de rupture révélateurs des tensions axiologiques et idéologiques contemporaines dans l’espace médiatique français.
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Annabelle Seoane (2026) studied this question.
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