Le Maroc est confronté à un stress hydrique croissant, avec une disponibilité en eau par habitant tombée à 650 m³ en 2019, soit bien en deçà du seuil de stress hydrique fixé à 1 000 m³ par an et par habitant. Ce niveau pourrait encore chuter sous la barre critique de 500 m³ d'ici 2030. Dans ce contexte marqué par la raréfaction des ressources en eau et les effets du changement climatique, une gouvernance de l'eau efficace est devenue indispensable. Cette recherche examine l’efficacité des échanges d’eau virtuelle pour renforcer la capacité du Maroc à garantir la sécurité de l’approvisionnement en eau et de la production alimentaire. L’étude utilise des données de la FAO et de la Banque mondiale couvrant la période 2005-2017 pour construire un modèle de régression linéaire permettant d'évaluer l’impact des politiques agricoles et des systèmes commerciaux sur la gestion des ressources en eau. Les résultats mettent en évidence une contradiction : le Maroc adopte un système agricole tourné vers l’exportation qui génère des exportations d’eau virtuelle, alors que le pays est confronté à une pénurie d’eau persistante. L’étude montre que les pratiques agricoles répartissent les cultures de manière à créer des conflits entre les ressources en eau locales et les activités agricoles, car les agriculteurs cultivent des cultures très consommatrices en eau dans des régions souffrant de graves pénuries. L’étude propose des systèmes de culture associés adaptés aux besoins régionaux, une meilleure utilisation des terres agricoles et des systèmes de transfert d’eau entre bassins afin d’atteindre un équilibre territorial et de préserver à la fois les ressources environnementales et le développement économique du Maroc. Mots-clés : Gouvernance de l'eau, Pénurie d'eau, Résilience, Eau virtuelle et Maroc.
Ouhbi et al. (2025) studied this question.
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