Cet article développe le concept d'une topologie négative de la formation du monde irréversible comme une contribution aux questions actuelles dans la recherche sur la neurodivergence, la morphogenèse, les études de la conscience, l'intelligence artificielle et les modèles non représentationnels de communication (communication animale) et de liaison au monde. Son point de départ est l'observation que les systèmes techniques et sociaux modernes opèrent de plus en plus sur l'hypothèse que le monde est reconstruisible, synchronisable et formellement neutralisable. En revanche, l'article soutient que la véritable liaison au monde émerge précisément de la différence non neutralisable, de la courbure irréversible et de l'ouverture généalogique. Au centre de l'article se trouve la thèse selon laquelle l'Écart, un concept central dans le programme de recherche de l'auteur, ne doit pas être compris comme un vide originel ou un néant métaphysique, mais comme la conséquence de la différenciation irréversible elle-même. À chaque stabilisation, une différence émerge qui ne peut jamais être complètement fermée entre le monde constitué et l'ouverture perdue. Cette différence génère Seinsverschiebung (déplacement ontologique), distorsion topologique et Eigenzeit. L'Eigenzeit est compris ici non pas comme une forme subjective de perception du temps ou une dimension alternative du temps physique, mais comme la déformation irréversible de l'espace de possibilité résultant de la véritable liaison au monde. Dans ce contexte, l'article développe une critique des modèles holographiques, fractals et purement basés sur l'information de l'ordre, de l'existence et du langage formel. La cohérence récursive n'émerge pas par répétition identique ou depuis un centre caché, mais d'un mouvement de réponse continue à la non-closure opérationnelle. Cela a également des conséquences pour la compréhension de la simulation, de l'archivage et de l'intelligence artificielle, ainsi que pour la compréhension de l'art, de la communication animale et d'autres formes de traduction morphogénétique. La simulation, l'information ou l'objectivation reproduisent des états, mais ne génèrent pas de courbure du monde irréversible et restent donc ontologiquement sans monde. Dans sa section finale, l'article applique ce cadre à la cognition neurodivergente. Les modèles actuels tels que le Traitement Prédictif, la Hyper-Systémisation ou le Mapping Véridique décrivent des aspects importants de la perception autistique, mais restent généralement dans une ontologie partagée des mondes-objets stables. Le présent article propose plutôt de comprendre la cognition neurodivergente comme une forme différente de liaison au monde. La liaison des détails apparaît ici non pas principalement comme une perception d'objet accrue, mais comme l'expression d'un lissage réduit en relation avec la topologie négative. La cognition autistique n'est donc ni comprise comme une représentation déficiente ni supérieure du même monde, mais comme une stabilisation partiellement différente du monde sous des conditions d'ouverture irréversible.
Timothy Speed (mar,) a étudié cette question.