Située dans le champ de l'histoire politique moderne chinoise, cette étude examine les Nouvelles Politiques de la fin de la dynastie Qing (1901–1911) comme une transition clé d'un empire tribut traditionnel vers un État-nation multiethnique moderne. Une limite critique dans les recherches actuelles est la tendance à réduire ces réformes à de simples expédients pour la préservation dynastique, négligeant ainsi les mécanismes complexes par lesquels elles ont fondamentalement reconstruit l'identité nationale et les structures de pouvoir interethniques au sein de la « triple crise » du territoire, de la souveraineté et de la nationalité. Pour y remédier, l'article emploie une analyse historique exhaustive afin d'explorer comment la restructuration institutionnelle dans l'administration, l'armée et l'idéologie a catalysé la transformation de l'autocratie impériale vers un cadre de « gouvernement responsable ». Cette recherche se distingue par son application innovante des théories d’Anthony D. Smith sur le nationalisme « ethnique » versus « civique » pour déconstruire le « complexe mythe-symbole » de la nation chinoise, faisant le lien entre la fracture théorique du paradigme de la « Nouvelle Histoire Qing » et les récits empiriques de la modernisation. Les résultats démontrent que bien que la direction mandchoue visait à assurer la primauté formelle, la mise en œuvre pratique des réformes a engendré une structure de pouvoir de facto soutenue par les Hans, obligeant à une re-conceptualisation de l’État en tant que « monarchie constitutionnelle multiethnique » et établissant la logique institutionnelle pour le modèle des « Cinq Races Unies ». Par conséquent, cette étude apporte une valeur académique significative en redéfinissant les Nouvelles Politiques comme la phase fondatrice de la Chine moderne, fournissant un cadre théorique crucial pour comprendre la continuité de l'État multiethnique chinois et de l'identité nationale au-delà de l'effondrement dynastique.
Xiao et al. (ven.,) ont étudié cette question.