À rebours des procédés de spectacularisation mis en œuvre par les médias et les politiques, l’objectif de cet article est de tracer un lien entre les conditions de production des tomates destinées aux industries de transformation italiennes et les conditions de logement des saisonniers agricoles migrants du Mezzogiorno. Espaces de reproduction à bas coût d’une main d’œuvre nécessaire mais indésirable dès que le travail cesse, les squats et « ghettos » de l’« or rouge » apparaissent comme la manifestation d’une double réponse aux besoins en « bras » du secteur agricole d’un côté, et aux nécessités matérielles des migrants confinés dans cet espace-frontière de l’Union Européenne de l’autre. La permanence dans le temps de ces lieux de mise à l’écart, malgré la mise en place de camps formels, illustre l’inadéquation de la réponse apportée par les pouvoirs publics – dont les motivations réelles, au vu des sommes investies, méritent d’être questionnées.
Romain Filhol (Wed,) studied this question.