Les progrès en matière de justice climatique — le partage équitable des dommages climatiques — sont dans une impasse. Dans cet article, j'analyse la justice climatique comme un signifiant organisateur dans la politique écologique, en m'appuyant sur le concept psychanalytique lacanien de plaisir (jouissance) pour expliquer l'attrait (manquant) de la justice climatique selon les lignes de classe et donc les limites idéologiques de son articulation contemporaine. Aujourd'hui, le mouvement pour la justice climatique dans le Nord global est dominé par une constellation limitée d'alliés de la classe professionnelle (et militante) investis libidinalement dans la fantaisie d'un avenir finalement juste et écologiquement harmonieux qui facilite le déni des moteurs capitalistes fossiles au cœur des injustices climatiques distributives. Pendant ce temps, cette même fantaisie aliéné une grande partie de la classe ouvrière du Nord. Une justice climatique revitalisée doit donc traverser cette fantaisie pour rearticuler la justice comme une demande unificatrice capable de bâtir la solidarité à travers le fossé entre la classe professionnelle–managériale et la classe ouvrière contre les intérêts capitalistes fossiles qui profitent de leur séparation.
Luc van Vliet (ven,) a étudié cette question.
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