Cette étude mobilise des méthodes mixtes pour examiner à travers un prisme intersectionnel l’influence des obstacles structurels du dernier kilomètre sur l’accès à la protection sociale des femmes membres de ménages qui élèvent du bétail dans les régions urbaines du Gujarat, Inde, durant et après la pandémie de COVID‐19. À partir de données issues d’une enquête conduite auprès de 427 ménages, d’entretiens avec des travailleurs de première ligne et des informateurs clés, et d’échanges dans le cadre d’un groupe de discussion, les autrices montrent que le recours à des mécanismes de franchissement du dernier kilomètre apparemment neutres peut reproduire des phénomènes d’exclusion intersectionnelle. La diffusion d’informations par voie numérique et le porte‐à‐porte sélectif tendent à pénaliser les femmes qui n’ont pas accès au smartphone et celles qui font partie de castes historiquement marginalisées. Les exigences administratives relatives aux documents d’identité entravent un peu plus l’accès parce qu’elles entraînent des coûts d’opportunité élevés et accentuent la dépendance des femmes à l’égard des hommes de leur famille. L’étude met en lumière la nécessité de ne pas se contenter des plateformes numériques pour diffuser l’information, de prévoir des procédures administratives simplifiées et souples et de faire appel à des organisations intermédiaires pour permettre le franchissement du dernier kilomètre.
Rajasekar et al. (Thu,) studied this question.