Introduction Le diabète gestationnel (DG) est un trouble hyperglycémique lié à la grossesse avec une prévalence mondiale très variable, largement déterminée par des différences dans les critères de diagnostic, les caractéristiques maternelles et les facteurs de mode de vie, ce qui complique les efforts pour standardiser le dépistage et la prévention. Le DG perturbe l'homéostasie glucidique materno-fœtale, entraînant une exposition fœtale à l'hyperglycémie et à l'hyperinsulinémie, et est associé non seulement à des complications obstétricales immédiates mais aussi à un risque métabolique à long terme tant chez les mères que chez les enfants. Objectif Cette étude a évalué l'impact de l'hyperglycémie maternelle, classée comme contrôlée par le régime (DG-régime) ou traitée par insuline (DG-insuline), sur les concentrations de leptine, d'adiponectine, de récepteur soluble de la leptine (sLeptinR) et sur les indices dérivés du rapport leptine/adiponectine (LAR) et de l'indice de leptine libre (FLI) à travers l'axe materno-fœtal. Conception Cette étude était une étude de cohorte rétrospective observationnelle ciblant des patientes avec un diabète gestationnel. Les plasmas sanguins maternels et du cordon de 30 mères hyperglycémiques et 23 mères normoglycémiques ont été analysés pour les concentrations de leptine, d'adiponectine et de récepteur soluble de la leptine en utilisant des dosages immunoenzymatiques. Résultats Les concentrations de leptine plasmatique maternelle étaient significativement plus élevées dans le groupe DG-insuline (10,05 ng/mL) que dans lesGrossesses non-DG (4,44 ng/mL ; p = 0,033). Le rapport leptine/adiponectine était également élevé dans DG-insuline (4,99) par rapport à DG-régime (2,18 ; p = 0,043). Aucune différence significative entre les groupes n'a été observée pour l'adiponectine, le récepteur soluble de la leptine, ou l'indice de leptine libre. Dans le sang du cordon, les concentrations d'adiponectine étaient plus élevées chez les nouveau-nés DG-régime (9,05 μg/mL) que dans DG-insuline (5,70 μg/mL ; p = 0,010). La leptine maternelle et ses indices dérivés (LAR, FLI) étaient associés au surpoids/l'obésité maternelle, tandis que l'adiponectine maternelle et la leptine du cordon étaient liées au poids de naissance néonatal. Conclusion Ces résultats indiquent que la leptine, l'adiponectine, le FLI et le LAR pourraient être des indicateurs métaboliques possibles de la résistance à l'insuline liée au DG, et de l'inflammation de faible intensité. Une leptine maternelle plus élevée, un LAR et un FLI, associés à un sLeptinR stable, signalent une résistance à la leptine, ce qui perturbe le transport des nutriments placentaire et relie le stress métabolique maternel aux mesures anthropométriques fœtales. Le suivi de ces marqueurs pourrait orienter les étapes postnatales pour réduire les risques métaboliques à long terme chez les générations suivantes.
Lis-Kuberka et al. (2026) ont étudié cette question.