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Daniel Boyarin se tourne vers les Épîtres de Paul comme l'autobiographie spirituelle d'un critique culturel juif du premier siècle. Qu'est-ce qui a conduit Paul - dans sa conversion dramatique au christianisme - à une critique aussi radicale de la culture juive ? La célèbre formulation de Paul, 'Il n'y a ni Juif ni Grec, ni homme ni femme en Christ', démontre le génie du christianisme : son souci pour toutes les personnes. Le génie du judaïsme réside dans sa validation de la généalogie et de la différence culturelle et ethnique. Mais les maux de ces deux systèmes de pensée sont l'envers de leurs génies : le christianisme a menacé de contraindre l'universalité, tandis que la différence ethnique est l'un des enjeux les plus troublés de l'histoire moderne. Boyarin propose une 'identité diasporique' comme moyen de négocier les pièges inhérents à chacune des positions. La judéité perturbe les catégories d'identité parce qu'elle n'est ni nationale, ni généalogique, ni même religieuse, mais toutes ces choses, dans une tension dialectique les unes avec les autres. Elle est analogue au genre : l'identité de genre nous rend différents de certaines façons mais pas d'autres. Une exploration de ces tensions dans le corpus paulinien, plaide Boyarin, nous conduira à une appréciation plus riche de nos propres dilemmes culturels en tant qu'hommes et femmes, gays et hétérosexuels, Juifs et Palestiniens - et en tant qu'êtres humains.
Gaston et al. (Mercredi) ont étudié cette question.