Cette note critique propose la lecture par une sociologue de la famille et de l’économie contemporaine des livres de Claire-Lise Gaillard et d’Aïcha Limbada ainsi que de la thèse de Pauline Mortas, portant respectivement sur le marché de la rencontre, la nuit de noces et le marché des objets utilisés dans le cadre de la sexualité dans la France du xix e et du début du xx e siècle. La lectrice souligne les apports d’une approche féministe matérialiste pour explorer le façonnement historique des intimités conjugales et hétérosexuelles, qui informent encore nos imaginaires collectifs. Les trois ouvrages partagent une matrice théorique commune qui place la domination masculine, les rapports de pouvoir qu’exercent les hommes sur les femmes et les violences de genre au centre de l’analyse. Le marché de la rencontre, la nuit de noces et les pratiques sexuelles sont non seulement les réceptacles de normes de genre diffusées dans la société, mais ce sont aussi des lieux de production de ces normes. La note se focalise aussi sur les outils méthodologiques à la disposition des sciences sociales – tant en histoire qu’en sociologie – pour documenter les pratiques intimes, conjugales et sexuelles du passé et du présent.
Céline Bessière (Sun,) studied this question.
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