Introduction : Les systèmes de santé font face à une complexification croissante des situations de soins, liée notamment au vieillissement de la population, à l’augmentation des maladies chroniques et à la nécessité d’approches plus holistiques. Dans ce contexte, le raisonnement clinique collaboratif apparaît essentiel, mais demeure freiné par des confusions conceptuelles, des tensions relationnelles, des enjeux organisationnels et des contraintes sociojuridiques. Par ailleurs, aucun modèle ne semble à ce jour intégrer de manière explicite, pédagogique et simultanée les dimensions cognitives, relationnelles, organisationnelles et sociojuridiques du raisonnement clinique collaboratif. Méthode : Cet article repose sur une synthèse conceptuelle inspirée de la méthode de Walker et Avant, combinée à une analyse narrative de la littérature. Des modèles reconnus issus du raisonnement clinique, de la relation de soin, de la collaboration interprofessionnelle, du management et de l’environnement sociojuridique ont été sélectionnés de manière raisonnée jusqu’à saturation conceptuelle. Leur analyse itérative a permis d’identifier leurs convergences, complémentarités et tensions afin d’élaborer une modélisation intégrative. Résultats : Cette synthèse a conduit à la proposition du modèle de Raisonnement Clinique Collaboratif Adaptatif (RCCA). Ce modèle articule le raisonnement clinique individuel avec la collaboration interprofessionnelle selon trois temps : déterminer les objectifs du soin et de la collaboration, sélectionner les interventions adaptées, puis évaluer l’impact des interventions. Il intègre également une dimension transversale de métacognition et de pratique réflexive, ainsi que des éléments de conduite de la rencontre, d’ajustement relationnel, de leadership situationnel et de prise en compte des contraintes organisationnelles et sociojuridiques. Le RCCA est enfin décliné en implications pédagogiques concrètes pour la formation en sciences de la santé. Discussion : Le RCCA propose un cadre heuristique original pour penser la collaboration comme une compétence située, adaptative et enseignable, plutôt que comme une norme abstraite. Il permet de mieux articuler raisonnement individuel, décision collective et complexité contextuelle. Bien qu’il n’ait pas encore été validé empiriquement, ce modèle constitue une base théorique utile pour structurer l’enseignement, la supervision et de futures recherches sur le raisonnement clinique collaboratif.
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Panchout et al. (2026) studied this question.
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