Le roman-fleuve, genre littéraire caractérisé par son ampleur exceptionnelle et sa profondeur narrative, mobilise des mécanismes discursifs complexes afin d’assurer la continuité référentielle sur de vastes segments narratifs. Parmi ces mécanismes, les chaînes de référence – définies comme des séquences d’au moins trois expressions coréférentielles inscrites dans un même contexte discursif cohérent [1,2] – constituent un indicateur particulièrement pertinent. Elles organisent l’évocation des référents (personnages, objets, événements, notions), traduisent les choix linguistiques de l’auteur et révèlent des régularités propres au genre dans la tradition littéraire française. Cette étude prend appui sur le corpus du roman Jean-Christophe de Romain Rolland (1921) [3], œuvre emblématique du roman-fleuve, et s’appuie sur l’outil d’annotation SACR [4, 5] pour analyser un ensemble de soixante mille mots, incluant dix-sept mille expressions référentielles, sept mille référents et six cents chaînes de référence. Elle vise à démontrer en quoi l’analyse des chaînes de référence permet de caractériser le roman-fleuve français, en mettant en évidence leurs régularités formelles, leurs composantes internes, leur fonction dans l’organisation du discours narratif et leur articulation avec la structure hiérarchique propre à ce genre.
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Chang Guo (2026) studied this question.
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